Anatomie des scalènes

Les scalènes sont trois muscles pairs profonds de la face latérale du cou : antérieur, moyen et postérieur. Ils relient les vertèbres cervicales C2 à C7 aux 1ʳᵉ et 2ᵉ côtes. Ils inclinent le cou, participent à sa rotation et soulèvent les côtes lors de l’inspiration forcée. Entre l’antérieur et le moyen passe le défilé interscalénique, traversé par le plexus brachial et l’artère subclavière. Cette page décrit l’anatomie des scalènes dans le contexte de la musculation et de la posture, du cou et de ses muscles jusqu’au défilé thoraco-brachial.

Quels sont les muscles scalènes ?

Les muscles scalènes sont 3 muscles pairs : le scalène antérieur, le scalène moyen et le scalène postérieur. Un 4ᵉ muscle inconstant, le scalène minime (scalenus minimus), est présent chez 30 % à 71 % des individus. Ils forment la partie profonde de la région latérale du cou.

Le nom « scalène » vient du grec skalenos, qui signifie inégal, en référence à leur disposition triangulaire étagée. Les trois muscles s’attachent en haut sur les processus transverses cervicaux et descendent obliquement vers les deux premières côtes. Ils constituent le plancher du triangle postérieur du cou.

Les scalènes sont des muscles posturaux et respiratoires accessoires. En musculation, ils stabilisent le rachis cervical lors des charges portées au-dessus de la tête, comme le développé militaire et le soulevé de terre. Leur hypertonie est fréquente chez les pratiquants en antéposition de la tête.

Où se situe le scalène antérieur ?

Le scalène antérieur s’insère en haut sur les tubercules antérieurs des processus transverses des vertèbres C3 à C6 et se termine en bas sur le tubercule du scalène, à la face supérieure de la 1ʳᵉ côte. C’est le plus médial et le plus profond des trois scalènes.

Ce muscle constitue un repère chirurgical majeur. Le nerf phrénique (C3-C4-C5) descend à sa face antérieure, dans un dédoublement du fascia cervical. L’artère subclavière passe en arrière du scalène antérieur, tandis que la veine subclavière passe en avant. Cette séparation veine/artère par le muscle est constante.

Le scalène antérieur incline le cou du même côté lors de sa contraction unilatérale. En contraction bilatérale, il fléchit le rachis cervical et soulève la 1ʳᵉ côte pendant l’inspiration forcée. Son hypertrophie réduit l’espace du défilé interscalénique.

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Où se situe le scalène moyen ?

Le scalène moyen s’insère en haut sur les processus transverses des 6 dernières vertèbres cervicales, entre les tubercules antérieur et postérieur, et se termine en bas sur la face supérieure de la 1ʳᵉ côte, en arrière du sillon de l’artère subclavière. C’est le plus volumineux et le plus long des trois scalènes.

Il forme la limite postérieure du défilé interscalénique. Le plexus brachial et l’artère subclavière passent entre lui et le scalène antérieur. Le nerf thoracique long, branche destinée au muscle dentelé antérieur, traverse le scalène moyen via sa racine C7.

Le scalène moyen incline le cou du côté de sa contraction et stabilise le rachis cervical. Il agit comme muscle respiratoire accessoire en élevant la 1ʳᵉ côte. Sa proximité immédiate avec les troncs du plexus brachial le rend cliniquement sensible lors des compressions nerveuses.

Où se situe le scalène postérieur ?

Le scalène postérieur s’insère en haut sur les tubercules postérieurs des processus transverses des 3 ou 4 dernières vertèbres cervicales et se termine en bas sur la face externe de la 2ᵉ côte. C’est le plus latéral, le plus petit et le plus court des trois scalènes.

Il se distingue des deux autres par sa terminaison sur la 2ᵉ côte, et non la 1ʳᵉ. Il est parfois fusionné avec le scalène moyen, sans plan de clivage net. Sa position superficielle le rapproche du muscle élévateur de la scapula et des trapèzes, avec lesquels il partage la stabilisation de la ceinture scapulaire.

Le scalène postérieur incline le cou du même côté et soulève la 2ᵉ côte lors de l’inspiration forcée. Sa contraction participe à la stabilité de la base du cou pendant les efforts de soulevé.

Qu’est-ce que le scalène minime ?

Le scalène minime est un muscle accessoire inconstant, présent chez 30 % à 71 % des individus. Il s’insère en haut sur le tubercule antérieur du processus transverse de C7 et se termine sur la 1ʳᵉ côte et en arrière sur le fascia de Sibson, qui coiffe le dôme pleural.

Sa présence réduit l’espace disponible dans le défilé thoraco-brachial. Il est associé à un risque accru de compression neurovasculaire. Le scalène minime sépare souvent l’artère subclavière du tronc inférieur du plexus brachial.

Comment les scalènes sont-ils innervés ?

Les trois scalènes sont innervés par les rameaux antérieurs des nerfs spinaux cervicaux C3 à C8. Le scalène antérieur reçoit principalement C5-C6, les scalènes moyen et postérieur reçoivent C6 à C8. Cette innervation segmentaire directe est distincte de celle des plexus.

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L’innervation cervicale étagée explique leur recrutement lors des mouvements fins de la tête. Une irritation des racines cervicales modifie leur tonus. Une hypertonie chronique des scalènes accompagne fréquemment les cervicalgies posturales.

Quelles sont les fonctions des scalènes ?

Les scalènes assurent 4 fonctions principales : l’inclinaison latérale du cou, la participation à la rotation cervicale, l’élévation des 1ʳᵉ et 2ᵉ côtes lors de l’inspiration forcée, et la stabilisation du rachis cervical. Leur action dépend du côté et du nombre de muscles recrutés.

  • Inclinaison latérale : la contraction unilatérale incline le cou du côté du muscle actif.
  • Rotation initiale : le scalène antérieur participe à la rotation de la tête vers le côté opposé.
  • Inspiration forcée : les trois muscles soulèvent les deux premières côtes, augmentant le volume thoracique.
  • Stabilisation cervicale : la contraction bilatérale fixe le rachis cervical sous charge axiale.

En musculation, les scalènes se contractent pendant les phases de poussée verticale et lors de l’apnée des efforts maximaux. Une respiration thoracique haute, fréquente sous stress, sur-sollicite ces muscles. Le travail respiratoire diaphragmatique réduit cette sur-sollicitation.

Qu’est-ce que le défilé interscalénique ?

Le défilé interscalénique est un espace triangulaire délimité par le scalène antérieur en avant, le scalène moyen en arrière et la 1ʳᵉ côte en bas. Il livre passage aux troncs du plexus brachial et à la 3ᵉ portion de l’artère subclavière. La veine subclavière reste en dehors, en avant du scalène antérieur.

Ce défilé constitue le premier des trois sites de compression du membre supérieur. Le plexus brachial assure la fonction motrice et sensitive de l’épaule jusqu’au bout des doigts. L’artère subclavière qui le traverse devient l’artère axillaire au bord externe de la 1ʳᵉ côte.

Le nerf phrénique longe la face antérieure du scalène antérieur mais reste à l’extérieur du défilé. La disposition serrée de ce triangle explique sa vulnérabilité. Toute hypertrophie musculaire ou anomalie osseuse réduit son volume et comprime les structures qu’il contient.

Qu’est-ce que le syndrome du défilé thoraco-brachial ?

Le syndrome du défilé thoraco-brachial est une compression du plexus brachial ou des vaisseaux subclaviers entre la clavicule, les scalènes et la 1ʳᵉ côte. Son incidence est estimée entre 3 et 8 cas pour 1 000 personnes. Il provoque douleurs, paresthésies et faiblesse du membre supérieur.

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Le défilé interscalénique en est le site de compression le plus fréquent. Une côte cervicale, présente chez environ 0,5 % de la population, augmente le risque en réduisant le plancher du défilé. L’hypertrophie du scalène antérieur figure parmi les causes les plus citées.

Trois formes sont décrites selon la structure comprimée :

  • Forme neurologique : compression du plexus brachial, la plus fréquente.
  • Forme veineuse : compression de la veine subclavière par un scalène antérieur hypertrophié.
  • Forme artérielle : compression de l’artère subclavière, la plus rare, souvent liée à une côte cervicale.

La prise en charge associe kinésithérapie, injections de toxine botulique et, en dernier recours, scalénectomie. La correction posturale et le travail des fixateurs de l’omoplate réduisent la compression. Le détail des pathologies et des soins est traité dans la page dédiée : pathologies et soins des scalènes.

Pourquoi les scalènes comptent-ils en musculation ?

Les scalènes stabilisent le rachis cervical et conditionnent la posture de la tête sous charge. Une antéposition de la tête raccourcit ces muscles et augmente la tension sur le défilé interscalénique. Leur entretien limite les cervicalgies et les compressions nerveuses du membre supérieur.

Trois leviers d’entretien sont efficaces : la respiration diaphragmatique, les étirements latéraux du cou et le renforcement des fixateurs de la scapula. La rétraction cervicale corrige l’antéposition. Le travail des trapèzes et du dentelé antérieur soulage les scalènes en répartissant la charge posturale.

Les scalènes appartiennent à l’ensemble musculaire du cou, où ils coopèrent avec le sterno-cléido-mastoïdien et les muscles profonds prévertébraux. Leur équilibre de tonus conditionne la mobilité cervicale et la qualité de la respiration sous effort.

Sources :