Anatomie de l’omoplate (scapula)

L’omoplate, ou scapula, est un os plat triangulaire qui relie la clavicule à l’humérus et constitue le socle mobile de l’épaule et du haut du dos. Elle présente 3 bords, 3 angles, 2 faces et 3 processus, et sert d’insertion à 17 muscles. Sa cavité glénoïde forme l’articulation gléno-humérale, base de toute la mobilité du membre supérieur.

En musculation, l’omoplate est le pivot qui transmet la force entre le tronc et le bras. Sa stabilité et sa mobilité conditionnent la santé de l’épaule sur le développé, les tractions et le rowing. Cette page décrit son anatomie osseuse, ses muscles et ses mouvements. Pour le contexte global, voir l’anatomie du dos.

Qu’est-ce que l’omoplate ?

L’omoplate est un os plat, triangulaire et pair situé sur la face postérieure du thorax, entre la 2e et la 7e côte. Elle connecte le membre supérieur au squelette axial via la clavicule et l’humérus, et flotte sur le gril costal sans articulation osseuse directe avec lui.

Le terme latin scapula désigne cet os ; le terme français « omoplate » vient du grec ômos (épaule) et platê (plat). La scapula n’est maintenue contre le thorax que par des muscles, formant une articulation dite scapulo-thoracique, une fausse articulation sans capsule ni cartilage. Cette suspension musculaire explique sa grande amplitude de mouvement.

Quels sont les bords et angles de la scapula ?

La scapula possède 3 bords et 3 angles. Les bords sont le bord médial (vertébral), le bord latéral (axillaire) et le bord supérieur. Les angles sont l’angle supérieur, l’angle inférieur et l’angle latéral, ce dernier portant la cavité glénoïde.

Le bord médial est le plus long et le plus proche de la colonne ; il sert de repère pour évaluer le décollement de l’omoplate (scapula alata). Le bord latéral, ou axillaire, est épais et longe l’aisselle. Le bord supérieur est le plus court et le plus fin, marqué par l’incisure scapulaire que franchit le nerf supra-scapulaire.

L’angle inférieur se situe en regard de la 7e côte et constitue un repère palpable lors de la rétraction des omoplates. L’angle supérieur reçoit le muscle élévateur de la scapula. L’angle latéral, le plus volumineux, porte la cavité articulaire de l’épaule.

Quelles sont les deux faces de l’omoplate ?

L’omoplate présente 2 faces : la face antérieure (costale ou ventrale) et la face postérieure (dorsale). La face costale est creusée par la fosse subscapulaire, tournée vers les côtes. La face dorsale est divisée par l’épine scapulaire en deux fosses.

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La face antérieure est concave et glisse contre le gril costal lors des mouvements scapulaires. Elle loge le muscle subscapulaire dans la fosse subscapulaire. La face postérieure est convexe et porte l’épine de la scapula, relief osseux saillant et palpable qui sépare deux dépressions musculaires.

Quelles sont les fosses de la scapula ?

La scapula compte 3 fosses : la fosse supra-épineuse, la fosse infra-épineuse et la fosse subscapulaire. Chacune loge un muscle de la coiffe des rotateurs. La fosse subscapulaire occupe la face antérieure ; les deux autres occupent la face postérieure.

La fosse supra-épineuse, située au-dessus de l’épine, contient le supra-épineux (supraspinatus), qui initie l’abduction du bras sur les 15 premiers degrés. La fosse infra-épineuse, en dessous de l’épine, est plus large et loge l’infra-épineux (infraspinatus), rotateur externe. La fosse subscapulaire, concave et antérieure, contient le subscapulaire (subscapularis), seul rotateur interne de la coiffe.

Qu’est-ce que l’épine de la scapula et l’acromion ?

L’épine de la scapula est une crête osseuse triangulaire qui traverse la face postérieure et se prolonge latéralement par l’acromion. L’acromion forme le sommet osseux de l’épaule, palpable sous la peau, et s’articule avec la clavicule via l’articulation acromio-claviculaire.

L’épine scapulaire sépare la fosse supra-épineuse de la fosse infra-épineuse et sert de point d’ancrage au trapèze et au deltoïde. L’acromion surplombe l’articulation de l’épaule et protège la coiffe des rotateurs ; un conflit sous-acromial y comprime le tendon du supra-épineux. Cet espace sous-acromial est central dans la pathologie et le soin de l’omoplate.

Qu’est-ce que le processus coracoïde ?

Le processus coracoïde est une saillie osseuse en forme de bec qui se projette en avant depuis le bord supérieur de la scapula, près de la cavité glénoïde. Il sert d’insertion à 3 muscles : le petit pectoral, le coraco-brachial et le chef court du biceps brachial.

Le processus coracoïde (du grec korax, corbeau) ancre aussi plusieurs ligaments, dont le ligament coraco-acromial qui forme l’arche coraco-acromiale au-dessus de la tête humérale. Il constitue un repère chirurgical majeur de l’épaule, notamment dans la butée coracoïdienne (intervention de Latarjet) traitant l’instabilité gléno-humérale.

Qu’est-ce que la cavité glénoïde ?

La cavité glénoïde est une surface articulaire peu profonde en forme de poire située sur l’angle latéral de la scapula. Elle s’articule avec la tête de l’humérus pour former l’articulation gléno-humérale, l’articulation la plus mobile du corps humain.

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La faible profondeur de la cavité glénoïde privilégie la mobilité au détriment de la stabilité, d’où la fréquence des luxations de l’épaule. Un bourrelet fibro-cartilagineux, le labrum glénoïdal, en augmente la surface et la concavité. Au-dessus se trouve le tubercule supra-glénoïdien, insertion du chef long du biceps brachial ; en dessous, le tubercule infra-glénoïdien, insertion du chef long du triceps brachial.

Combien de muscles s’insèrent sur l’omoplate ?

17 muscles s’insèrent sur l’omoplate, ce qui en fait l’os le plus densément musclé de la ceinture scapulaire. Ils répartissent leurs fonctions entre la stabilisation de la scapula, la mobilisation de l’épaule et les mouvements du bras.

Les 17 muscles sont : le supra-épineux, l’infra-épineux, le petit rond et le subscapulaire (les 4 muscles de la coiffe des rotateurs), le trapèze, le grand dentelé (serratus anterior), l’élévateur de la scapula, le petit rhomboïde, le grand rhomboïde, le deltoïde, le grand rond, le grand dorsal, le petit pectoral, le coraco-brachial, l’omo-hyoïdien, le chef long du biceps brachial et le chef long du triceps brachial.

La coiffe des rotateurs (supra-épineux, infra-épineux, petit rond, subscapulaire) centre la tête humérale dans la glène et protège l’épaule. Les fixateurs de l’omoplate (trapèze, rhomboïdes, grand dentelé, élévateur de la scapula) ancrent la scapula sur le thorax. Les rhomboïdes assurent la rétraction des omoplates, mouvement clé du rowing.

Quels sont les mouvements de l’omoplate ?

L’omoplate réalise 6 mouvements sur le thorax : l’élévation, l’abaissement (dépression), la sonnette externe (rotation supérieure), la sonnette interne (rotation inférieure), la protraction (abduction) et la rétraction (adduction). Ces mouvements orientent la glène pour optimiser la mobilité du bras.

L’élévation monte l’épaule, comme dans le haussement ; l’abaissement la descend. La rétraction rapproche les omoplates de la colonne, sollicitée sur le rowing et le tirage. La protraction les éloigne, sur les pompes et le développé couché. La sonnette externe oriente la glène vers le haut et permet l’élévation complète du bras au-dessus de la tête.

Le trapèze supérieur tire l’acromion vers le haut et l’extérieur ; le trapèze inférieur tire la scapula vers le bas et l’intérieur ; le grand dentelé enroule le bord latéral et entraîne la sonnette externe. Le contrôle de ces muscles relève de la ceinture scapulaire.

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Qu’est-ce que le rythme scapulo-huméral ?

Le rythme scapulo-huméral est la coordination 2:1 entre l’humérus et la scapula lors de l’élévation du bras. Pour 2 degrés de mouvement à l’articulation gléno-humérale, la scapula tourne de 1 degré. Cette synergie permet une amplitude totale et préserve la coiffe des rotateurs.

Sur une abduction complète de 180 degrés, environ 120 degrés proviennent de l’articulation gléno-humérale et 60 degrés de la sonnette externe de la scapula. Les 30 premiers degrés constituent la phase de mise en tension (setting phase), durant laquelle la scapula se stabilise avant de tourner. Une rupture de ce rythme, ou dyskinésie scapulaire, augmente le risque de conflit sous-acromial.

En musculation, un rythme scapulo-huméral fonctionnel protège l’épaule sur les mouvements au-dessus de la tête, comme le développé militaire et l’overhead press. Le renforcement du grand dentelé et du trapèze inférieur restaure ce contrôle et prévient la pathologie de l’omoplate.

Pourquoi l’omoplate est-elle centrale en musculation ?

L’omoplate est le socle mobile de l’épaule et du dos car elle transmet la force entre le tronc et le bras tout en orientant l’articulation gléno-humérale. Une scapula stable améliore la performance et réduit le risque de blessure sur tous les mouvements de poussée et de tirage.

La rétraction et l’abaissement des omoplates verrouillent l’épaule au développé couché et créent un appui solide. Sur les tractions et le rowing, le contrôle scapulaire engage le grand dorsal et les rhomboïdes avant les biceps. Le renforcement des fixateurs de l’omoplate, via le face pull et le rowing, corrige le décollement scapulaire et stabilise la ceinture scapulaire. Pour replacer l’omoplate dans l’ensemble du dos, consulter l’anatomie du dos.

Sources :