La hanche est l’articulation coxo-fémorale, une énarthrose synoviale de type sphéroïde qui unit la tête du fémur à l’acétabulum du bassin. Cette articulation à 3 degrés de liberté combine une grande mobilité et une forte stabilité. Elle supporte des charges atteignant 3 à 5 fois le poids du corps à la marche et bien davantage en musculation. Elle constitue le pivot mécanique de tous les grands mouvements de force des membres inférieurs : squat, soulevé de terre et hip thrust.
Cette page traite de l’anatomie de la hanche appliquée à la musculation. Elle s’inscrit dans la région anatomique des muscles des jambes, qui regroupe l’ensemble des compartiments de la cuisse, de la hanche et du mollet.
Qu’est-ce que l’articulation de la hanche ?
L’articulation de la hanche est une énarthrose synoviale en bille et cavité formée par la tête sphérique du fémur et la cavité acétabulaire du bassin. On la nomme aussi articulation coxo-fémorale ou acétabulo-fémorale. Sa congruence osseuse profonde lui confère une stabilité supérieure à celle de l’épaule, au prix d’une amplitude moindre.
La tête du fémur représente environ les deux tiers d’une sphère, recouverte de cartilage hyalin. Elle s’emboîte dans l’acétabulum, cavité formée par la fusion de l’ilion, de l’ischion et du pubis au niveau du cartilage triradié.
L’acétabulum recouvre environ 40 % de la tête fémorale dans toute position de mouvement. Le labrum acétabulaire, anneau de fibrocartilage bordant la cavité, approfondit la cuvette et crée un effet de succion. Ce joint étanche maintient une pression négative intra-articulaire qui résiste à la luxation.
L’angle cervico-diaphysaire entre le col et la diaphyse du fémur mesure environ 125 à 128° chez l’adulte. Un angle supérieur à 135° définit une coxa valga, un angle inférieur à 120° une coxa vara. Cette géométrie oriente la transmission des forces du tronc vers le membre inférieur. Les structures osseuses voisines sont détaillées sur la page de l’anatomie du bassin.
Quels ligaments stabilisent la hanche ?
La hanche est stabilisée par 3 ligaments capsulaires extrinsèques et 1 ligament intra-articulaire : les ligaments ilio-fémoral, pubo-fémoral, ischio-fémoral et le ligament rond. Ces structures, combinées à la profondeur de l’acétabulum, limitent les mouvements extrêmes et verrouillent l’articulation en extension.
[smart_push pos= »0″]
Le ligament ilio-fémoral est le ligament le plus puissant du corps humain. En forme de Y, il relie l’épine iliaque antéro-inférieure à la ligne intertrochantérienne. Il limite l’hyperextension de la hanche et maintient la station debout sans effort musculaire constant.
Le ligament pubo-fémoral tend la partie antéro-inférieure de la capsule. Il limite l’abduction et l’extension excessives. Le ligament ischio-fémoral, le plus faible des trois, ferme la face postérieure de la capsule et restreint la rotation interne et l’extension.
Le ligament rond (ligamentum teres) relie la fovéa de la tête fémorale à l’acétabulum. Il transporte l’artère fovéale, qui vascularise la tête fémorale chez l’enfant mais joue un rôle négligeable chez l’adulte. La vascularisation principale provient des artères circonflexes fémorales médiale et latérale, branches de l’artère fémorale profonde.
Quels muscles entourent la hanche ?
La hanche est mobilisée par plus de 20 muscles répartis en 4 groupes fonctionnels : les fléchisseurs antérieurs, les extenseurs postérieurs, les abducteurs latéraux et les adducteurs médiaux. À ces groupes s’ajoutent 6 rotateurs profonds. Ces muscles assurent à la fois le mouvement et le maintien postural du bassin.
Les fléchisseurs comprennent l’ilio-psoas, principal fléchisseur, le droit fémoral, le sartorius et le pectiné. L’ilio-psoas réunit le psoas-iliaque et l’iliaque, qui croisent la face antérieure de l’articulation pour ramener la cuisse vers le tronc.
Les extenseurs comprennent le grand fessier, les ischio-jambiers (biceps fémoral, semi-tendineux, semi-membraneux) et le faisceau postérieur du grand adducteur. Le grand fessier est le muscle le plus volumineux et le plus puissant extenseur de la hanche. Son rôle est central dans le hip thrust, détaillé sur la page de l’anatomie des fessiers.
Les abducteurs comprennent le moyen fessier et le petit fessier, qui stabilisent le bassin en appui unipodal. Les adducteurs comprennent les long, court et grand adducteurs, le gracile et le pectiné, qui ramènent la cuisse vers la ligne médiane.
Les 6 rotateurs externes profonds sont le piriforme, l’obturateur interne, l’obturateur externe, les jumeaux supérieur et inférieur et le carré fémoral. Ils contrôlent la rotation latérale et stabilisent la tête fémorale dans l’acétabulum, à la manière de la coiffe des rotateurs à l’épaule.
Quels sont les mouvements de la hanche ?
La hanche réalise 6 mouvements répartis sur 3 axes : flexion et extension, abduction et adduction, rotation interne et rotation externe. Cette articulation à 3 degrés de liberté autorise une circumduction complète. Chaque mouvement présente une amplitude chiffrée et un groupe musculaire moteur précis.
[smart_push pos= »1″]
La flexion atteint environ 120° passivement et jusqu’à 145° genou fléchi. Elle est produite par l’ilio-psoas et le droit fémoral. L’extension atteint environ 30° au-delà de la verticale, sous l’action du grand fessier et des ischio-jambiers.
L’abduction et l’adduction couvrent chacune environ 45° dans le plan frontal. Le moyen et le petit fessier assurent l’abduction. Les adducteurs et le gracile assurent l’adduction. L’amplitude d’abduction augmente lorsque la hanche est fléchie.
La rotation interne atteint environ 35° et la rotation externe environ 45°, hanche en extension. La rotation externe est plus puissante, portée par le grand fessier et les 6 rotateurs profonds. La rotation interne dépend des faisceaux antérieurs du moyen et du petit fessier.
Quel rôle joue la hanche au squat et au soulevé de terre ?
La hanche est l’articulation génératrice de force principale du squat et du soulevé de terre. Elle produit le couple d’extension qui relève la charge depuis la position basse. La séquence flexion-extension de hanche détermine la profondeur, la stabilité et la puissance développée sur ces deux mouvements polyarticulaires.
Au squat, la descente combine une flexion de hanche et une flexion de genou. La remontée mobilise le grand fessier et les muscles des cuisses (quadriceps) en extension synchrone. Une bonne mobilité en flexion de hanche conditionne l’atteinte de la profondeur parallèle sans bascule du bassin.
Au soulevé de terre, le mouvement est dominé par l’extension de hanche. Le grand fessier et les ischio-jambiers tirent le bassin vers l’avant en fin de tirage. Le verrouillage final repose sur le ligament ilio-fémoral et la contraction des extenseurs.
La rotation externe active de la hanche stabilise le genou pendant ces deux mouvements. Elle empêche l’effondrement du genou vers l’intérieur (valgus dynamique). Le renforcement des rotateurs profonds et des abducteurs protège ainsi l’articulation sous charge lourde.
Pourquoi le hip thrust cible-t-il spécifiquement la hanche ?
Le hip thrust cible la hanche car il concentre la résistance sur l’extension pure de l’articulation coxo-fémorale. La charge appliquée sur le bassin maximise le bras de levier au sommet du mouvement. Cette position génère l’activation électromyographique du grand fessier la plus élevée parmi les exercices de musculation.
[smart_push pos= »2″]
Le pic de contraction du grand fessier survient en extension complète de hanche, position où la barre est le plus haute. Le squat, à l’inverse, sollicite davantage le grand fessier en position basse, hanche fléchie. Cette différence de courbe de résistance explique la complémentarité des deux exercices.
Une étude de 2023 publiée dans Frontiers in Physiology a montré que le hip thrust et le squat produisent une hypertrophie des fessiers similaire sur un entraînement structuré. Le hip thrust isole mieux les fessiers, tandis que le squat développe davantage les quadriceps et les adducteurs.
Le hip thrust met aussi les ischio-jambiers en synergie sur l’extension de hanche. Le détail de ces muscles figure sur la page de l’anatomie des ischio-jambiers. Combiner hip thrust, squat et soulevé de terre couvre l’ensemble de la courbe de force de la hanche.
Quelles pathologies touchent la hanche du sportif ?
La hanche du sportif est exposée à 4 pathologies fréquentes : le conflit fémoro-acétabulaire, la lésion du labrum, la tendinopathie des fessiers et la pubalgie. Ces atteintes naissent souvent d’un déséquilibre de mobilité ou de force entre les groupes musculaires de la hanche.
Le conflit fémoro-acétabulaire résulte d’un contact anormal entre le col fémoral et le rebord acétabulaire. Il limite la flexion profonde et provoque des douleurs au squat complet. La lésion du labrum accompagne fréquemment ce conflit et altère le joint d’étanchéité articulaire.
La tendinopathie des fessiers touche les insertions du moyen fessier sur le grand trochanter. La pubalgie associe une souffrance des adducteurs et de la paroi abdominale au niveau de la symphyse pubienne. Le détail des prises en charge figure sur la page des pathologies et soins de la hanche, qui couvre le diagnostic et la rééducation.
Sources :
- Anatomy, Bony Pelvis and Lower Limb, Hip Joint — StatPearls, NCBI Bookshelf
- Anatomy, Bony Pelvis and Lower Limb, Hip — StatPearls, NCBI Bookshelf
- Hip joint: Bones, movements, muscles — Kenhub
- Hip thrust and back squat training elicit similar gluteus muscle hypertrophy — Frontiers in Physiology (2023)