Anatomie des ligaments croisés du genou

Les ligaments croisés sont les 2 stabilisateurs centraux du genou : le ligament croisé antérieur (LCA) et le ligament croisé postérieur (LCP). Tendus en croix au centre de l’articulation, ils relient le fémur au tibia et contrôlent les translations antéro-postérieures. Le LCA limite le glissement du tibia vers l’avant et la rotation ; le LCP limite le glissement vers l’arrière. Le LCA mesure environ 33 mm de long pour 11 mm de large et compte 2 faisceaux. Il représente la lésion ligamentaire grave la plus fréquente en sport, avec près de 400 000 reconstructions par an aux États-Unis.

Cette page traite de l’anatomie des ligaments croisés appliquée à la musculation. Elle complète la page de l’anatomie du genou et s’inscrit dans la région des muscles des jambes.

Qu’est-ce qu’un ligament croisé du genou ?

Un ligament croisé est une bande de tissu conjonctif dense qui relie le fémur au tibia au centre de l’articulation du genou. Le genou compte 2 ligaments croisés, le LCA et le LCP, qui se croisent en forme de X dans l’échancrure intercondylienne. Ils assurent la stabilité statique du genou sur toute l’amplitude de mouvement.

Les deux ligaments tirent leur nom de leur insertion sur le tibia. Le ligament croisé antérieur s’insère en avant, le ligament croisé postérieur s’insère en arrière du plateau tibial. Ce croisement constant maintient le contact entre les surfaces articulaires durant la flexion et l’extension.

Sur le plan histologique, les ligaments croisés sont composés à 90 % de collagène de type I et 10 % de collagène de type III. Ce collagène forme 70 % du poids sec du ligament. Des fibroblastes, de l’élastine et des protéoglycanes complètent cette matrice résistante à la traction.

Où s’insère le ligament croisé antérieur (LCA) ?

Le LCA s’étend de la face médiale du condyle fémoral latéral jusqu’à l’aire intercondylienne antérieure du tibia. Il naît à l’arrière du condyle latéral du fémur sur une zone semi-circulaire de 20 × 10 mm, puis descend en avant et en dedans pour s’insérer en avant de l’éminence intercondylienne tibiale.

Son origine fémorale occupe la partie postérieure de la face médiale du condyle latéral. Cette implantation haute et postérieure oriente le ligament vers l’avant du tibia. Elle conditionne le trajet oblique caractéristique du LCA dans l’échancrure.

Sa terminaison tibiale forme une empreinte ovale de 10 × 30 mm, située à environ 15 mm en avant de l’insertion du LCP. Cette insertion antérieure explique le rôle de frein à l’avancée du tibia. Le LCA mesure en moyenne 33 mm de long et 11 mm de large.

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Quels sont les 2 faisceaux du LCA ?

Le LCA comprend 2 faisceaux fonctionnels : le faisceau antéro-médial et le faisceau postéro-latéral. Ces faisceaux portent le nom de leur insertion tibiale. Ils se tendent en alternance selon l’angle du genou, ce qui assure une stabilité continue de l’extension à la flexion.

Le faisceau antéro-médial se tend lors de la flexion du genou. Plus long, il contrôle la translation antérieure du tibia genou fléchi. C’est le faisceau évalué par le test de Lachman, réalisé à 20-30° de flexion.

Le faisceau postéro-latéral se tend lors de l’extension du genou. Il se relâche en flexion et stabilise le genou proche de l’extension complète. Il participe au contrôle de la rotation interne du tibia.

Quelle est la fonction du ligament croisé antérieur ?

Le LCA limite la translation antérieure du tibia sous le fémur et contrôle la rotation interne. Il agit comme frein principal contre l’avancée du tibia, et comme frein secondaire contre la rotation interne proche de l’extension. Il limite aussi l’hyperextension du genou.

Sa fonction primaire est de résister à la translation antérieure du tibia. Le LCA absorbe environ 85 % de la force qui pousse le tibia vers l’avant. Sa rupture provoque le signe du tiroir antérieur et un test de Lachman positif.

Sa fonction rotatoire stabilise le genou lors des changements de direction. Le LCA limite la rotation interne du tibia, surtout près de l’extension. Cette stabilité rotatoire protège l’articulation lors des pivots et des réceptions de saut.

Où s’insère le ligament croisé postérieur (LCP) ?

Le LCP s’étend de la face latérale du condyle fémoral médial jusqu’à l’aire intercondylienne postérieure du tibia. Il naît à l’avant de la face latérale du condyle médial du fémur, puis descend en arrière et en dehors pour s’insérer sur la partie postérieure du plateau tibial.

Le LCP est le plus résistant des deux ligaments croisés. Plus épais et plus court que le LCA, il supporte le poids du corps lorsque le genou est fléchi. Sa robustesse explique sa rupture beaucoup plus rare que celle du LCA.

Le LCP comprend 2 faisceaux principaux : l’antéro-latéral et le postéro-médial. Le faisceau antéro-latéral, le plus volumineux et le plus solide, se tend en flexion. Le faisceau postéro-médial, plus fin, se tend en extension.

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Quelle est la fonction du ligament croisé postérieur ?

Le LCP limite la translation postérieure du tibia sous le fémur. Il agit comme frein principal contre le recul du tibia, en particulier genou fléchi à 90°. Il stabilise le genou lors de la descente du squat et de la réception en charge.

Sa fonction primaire est de résister à la translation postérieure du tibia. Le LCP encaisse jusqu’à 95 % de la force qui pousse le tibia vers l’arrière entre 30° et 90° de flexion. Sa rupture provoque le signe du tiroir postérieur.

Le LCP joue aussi un rôle de pivot central du genou. Il sert d’axe autour duquel s’effectuent les rotations de l’articulation. Sa lésion isolée reste souvent bien tolérée, contrairement à la rupture du LCA.

Comment les ligaments croisés sont-ils vascularisés ?

Les ligaments croisés sont vascularisés par l’artère géniculée moyenne, branche de l’artère poplitée. Cette artère pénètre l’échancrure intercondylienne et forme un réseau péri-ligamentaire autour de chaque ligament. Les artères géniculées inférieures médiale et latérale apportent un complément vasculaire.

Le réseau péri-ligamentaire entoure le ligament dans son repli synovial. Les vaisseaux pénètrent horizontalement puis s’anastomosent avec un réseau vertical interne. Cette vascularisation reste pauvre comparée à celle des muscles.

Trois zones avasculaires existent dans le LCP : les deux entheses fibro-cartilagineuses et la partie centrale du tiers moyen. Cette faible vascularisation explique la cicatrisation médiocre des ligaments croisés rompus. Elle justifie le recours fréquent à la reconstruction chirurgicale plutôt qu’à la suture.

Pourquoi le LCA se rompt-il en sport ?

Le LCA se rompt à 70 % sans contact direct, lors d’un pivot ou d’une décélération brutale genou légèrement fléchi et en valgus. Le mécanisme typique associe un appui pied bloqué, une rotation du tronc et une réception de saut en mauvais alignement. Le tibia avance et tourne en force, ce qui dépasse la résistance du ligament.

Le mécanisme sans contact domine dans les sports de pivot, tels que le football, le basket-ball, le handball et le ski. Une réception en valgus dynamique, genou peu fléchi, charge le LCA au-delà de sa limite. Le quadriceps tire alors le tibia vers l’avant sans frein hamstring suffisant.

L’incidence atteint environ 1 cas pour 3 500 personnes par an aux États-Unis, soit près de 400 000 reconstructions annuelles. Les femmes présentent un risque 4,5 fois plus élevé que les hommes. Le pic touche les athlètes de 14 à 19 ans.

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Le déséquilibre quadriceps-ischio-jambiers figure parmi les facteurs majeurs. Un quadriceps dominant tire le tibia vers l’avant et expose le LCA. Le renforcement des ischio-jambiers rééquilibre ce ratio, comme détaillé sur la page des ischio-jambiers.

Comment prévenir une rupture des ligaments croisés ?

La prévention repose sur des programmes d’entraînement neuromusculaire qui réduisent le risque de rupture du LCA de 50 %. Ces programmes combinent pliométrie, contrôle de la réception de saut, renforcement des ischio-jambiers et travail de la stabilité du tronc. Une compliance d’au moins 75 % conditionne leur efficacité.

Le contrôle de la réception de saut constitue l’axe central. L’objectif est d’atterrir genou fléchi et aligné, sans valgus dynamique. Ce geste réduit la contrainte appliquée au LCA lors des sports de pivot.

Le renforcement des ischio-jambiers protège directement le LCA. Ces muscles freinent l’avancée du tibia et soulagent le ligament. Des séances d’au moins 15 minutes, 2 à 3 fois par semaine, optimisent la prévention, comme le montre le programme FIFA 11+.

En musculation, le squat et le soulevé de terre roumain renforcent l’articulation sans la mettre en danger lorsque la technique est maîtrisée. Une amplitude contrôlée et un genou aligné sur la pointe du pied limitent le stress sur les croisés. Les atteintes ligamentaires et leur rééducation sont traitées sur la page pathologies et soins du ligament croisé. La rotule complète l’analyse des structures du genou.

Sources :