Les adducteurs forment le compartiment médial de la cuisse, un groupe de 5 muscles : long adducteur, court adducteur, grand adducteur, gracile et pectiné. Ils naissent du pubis et de l’ischion, se terminent majoritairement sur la ligne âpre du fémur, et sont innervés par le nerf obturateur (racines L2-L4). Leur rôle principal est l’adduction de la hanche et la stabilité du bassin.
Quels sont les muscles adducteurs de la cuisse ?
Les muscles adducteurs sont 5 muscles du compartiment médial de la cuisse : le long adducteur, le court adducteur, le grand adducteur, le gracile et le pectiné. Le grand adducteur est le plus volumineux du groupe, le gracile le plus superficiel et médial.
Le groupe se répartit en 3 plans de profondeur. Le plan superficiel réunit le long adducteur, le gracile et le pectiné. Le plan intermédiaire correspond au court adducteur. Le plan profond correspond au grand adducteur, situé le plus en arrière.
- Long adducteur (musculus adductor longus) : muscle triangulaire le plus antérieur, repère palpable du triangle fémoral.
- Court adducteur (musculus adductor brevis) : situé en profondeur du long adducteur et du pectiné.
- Grand adducteur (musculus adductor magnus) : muscle le plus puissant, composé d’une portion adductrice et d’une portion ischio-jambière.
- Gracile (musculus gracilis) : seul muscle du groupe qui croise 2 articulations, la hanche et le genou.
- Pectiné (musculus pectineus) : muscle accessoire à la frontière des compartiments antérieur et médial.
Où s’insèrent les adducteurs : origines et terminaisons ?
Les adducteurs naissent du pubis et de l’ischion et se terminent sur la ligne âpre du fémur, sauf le gracile qui descend jusqu’au tibia proximal. Cette disposition explique leur action commune d’adduction et la double fonction du gracile sur le genou.
Le long adducteur naît du corps du pubis, sous la crête pubienne, et se termine sur le tiers moyen de la lèvre médiale de la ligne âpre. Le court adducteur naît du corps du pubis et du ramus pubien inférieur, et se fixe sur le tiers proximal de la ligne âpre.
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Le grand adducteur possède une double origine : ses fibres adductrices naissent du ramus pubien inférieur et du ramus ischiatique, ses fibres ischio-jambières de la tubérosité ischiatique. Il se termine sur la ligne âpre et, par un tendon distinct, sur le tubercule de l’adducteur du condyle médial du fémur. L’écart entre ces deux insertions forme le hiatus des adducteurs, passage de l’artère fémorale vers le creux poplité.
Le gracile naît du corps du pubis et du ramus pubien inférieur, puis se termine sur la face médiale du tibia proximal au sein de la patte d’oie (pes anserinus), avec le sartorius et le semi-tendineux. Le pectiné naît de la ligne pectinée du pubis et se fixe sur la ligne pectinée du fémur, entre le petit trochanter et la ligne âpre.
Quelle est l’innervation des adducteurs ?
Les adducteurs sont innervés par le nerf obturateur, issu des racines L2 à L4 du plexus lombaire. Ce nerf se divise en une branche antérieure et une branche postérieure qui répartissent l’innervation motrice du compartiment médial. Le pectiné fait exception.
La branche antérieure du nerf obturateur innerve le long adducteur, le court adducteur et le gracile. La branche postérieure innerve le grand adducteur et participe au court adducteur. La portion ischio-jambière du grand adducteur reçoit en plus une innervation du nerf tibial (nerf sciatique), témoin de sa nature mixte.
Le pectiné est innervé par le nerf fémoral (racines L2-L3), parfois aussi par le nerf obturateur. Une compression du nerf obturateur provoque une faiblesse de l’adduction et une perte de sensibilité de la face médiale de la cuisse, confirmée par électromyographie.
Quelle est la vascularisation des adducteurs ?
Les adducteurs sont vascularisés par les artères circonflexes fémorales médiale et latérale et par les branches perforantes de l’artère fémorale profonde (profunda femoris). Cette double source assure l’irrigation des plans superficiel et profond du compartiment médial.
L’artère obturatrice, issue de l’artère iliaque interne, complète l’apport sanguin de la région proximale. Le grand adducteur reçoit l’artère circonflexe fémorale médiale et les branches perforantes ; le court adducteur et le long adducteur dépendent des branches perforantes de la fémorale profonde.
Quelle est la fonction des adducteurs en mouvement ?
La fonction principale des adducteurs est l’adduction de la hanche : ils ramènent la cuisse vers la ligne médiane du corps. Ils assurent aussi la stabilité du bassin, la flexion accessoire de hanche et la rotation, et participent au contrôle du membre inférieur pendant la marche et la course.
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Le long adducteur, le court adducteur et le pectiné assurent l’adduction et participent à la flexion de hanche. Le grand adducteur combine deux actions opposées : ses fibres adductrices fléchissent la hanche, tandis que sa portion ischio-jambière étend et rotation latéralement la hanche. Cette polyvalence en fait un acteur clé du squat et du soulevé de terre.
Le gracile, croisant 2 articulations, réalise l’adduction et la flexion de hanche puis la flexion et rotation médiale du genou. En appui unipodal, les adducteurs stabilisent le bassin dans le plan frontal et limitent la chute controlatérale, fonction décisive en fente, en course et lors des changements de direction.
Quelles sont les blessures fréquentes des adducteurs ?
La blessure la plus fréquente est la lésion (claquage) des adducteurs, à l’origine de douleurs de l’aine et d’une douleur à l’adduction contrariée. Les adducteurs représentent jusqu’à 23% des lésions musculaires et jusqu’à 63% des blessures hanche/aine chez le sportif. Le long adducteur est le plus touché.
Le claquage des adducteurs est estimé à 10% des blessures au football et constitue le 2e groupe musculaire le plus lésé chez les footballeurs européens (23% des lésions), derrière les ischio-jambiers (37%). Dans le hockey sur glace, les lésions d’adducteurs atteignent 10% de toutes les blessures. Les hommes sont touchés 2 à 3 fois plus que les femmes.
La pubalgie (athletic pubalgia) est une cause reconnue de douleur chronique de l’aine, localisée au bas-ventre et à la région proximale des adducteurs, typiquement unilatérale. Des adducteurs faibles augmentent le risque de claquage et d’instabilité du genou. La prévention repose sur le renforcement excentrique, illustré par le protocole de Copenhague.
Pourquoi renforcer les adducteurs en musculation ?
Renforcer les adducteurs en musculation augmente la stabilité du bassin, améliore la performance sur les exercices polyarticulaires et réduit le risque de pubalgie et de claquage. Le grand adducteur contribue activement à l’extension de hanche au squat et au soulevé de terre, ce qui en fait un muscle de force et pas seulement de gainage latéral.
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Les exercices ciblés réunissent l’adduction à la poulie basse, la machine à adducteurs, le squat sumo, le soulevé de terre sumo, la fente latérale et le Copenhagen plank. Le squat sumo et le soulevé de terre sumo placent les hanches en abduction-rotation latérale et sollicitent fortement les adducteurs en chaîne fermée.
Un travail combiné adducteurs et abducteurs équilibre la hanche dans le plan frontal et limite les compensations du genou. Pour la mobilité et l’échauffement, intégrer des ouvertures de hanche et des étirements du gracile avant les séances de jambes lourdes.
En résumé : ce qu’il faut retenir des adducteurs
Les adducteurs sont 5 muscles du compartiment médial : long adducteur, court adducteur, grand adducteur, gracile et pectiné. Ils s’étendent du pubis et de l’ischion à la ligne âpre du fémur (et au tibia pour le gracile), sont innervés par le nerf obturateur (L2-L4) et assurent l’adduction de hanche ainsi que la stabilité du bassin.
Pour approfondir l’anatomie du membre inférieur, consulter le hub Anatomie des jambes. Pour les blessures et la rééducation des adducteurs, lire Adducteurs : pathologie et soin. Pour le groupe antagoniste, voir Anatomie des abducteurs ; pour le compartiment antérieur, voir Anatomie des cuisses.