Anatomie du masséter : le muscle masticateur de la mâchoire

Le masséter est le principal muscle élévateur de la mandibule, situé sur le côté de la mâchoire. Il s’étend de l’arcade zygomatique à l’angle de la mandibule, se contracte à chaque mastication et compte parmi les muscles les plus puissants du corps humain par unité de surface. Il assure environ 43 % de la force totale des muscles de fermeture de la mâchoire. Cette page décrit son anatomie, son innervation, sa fonction et ses liens avec le bruxisme et les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM).

Le masséter appartient aux 4 muscles de la mastication, avec le temporal, le ptérygoïdien médial et le ptérygoïdien latéral. Pour situer ce muscle dans la cartographie corporelle, consultez le pilier Anatomie.

Où se situe le masséter et à quoi sert-il ?

Le masséter est un muscle rectangulaire et épais situé sur la face latérale de la branche de la mandibule, au niveau de la joue. Il relie l’arcade zygomatique à l’angle de la mâchoire. Sa fonction première est l’élévation de la mandibule pour fermer la bouche et broyer les aliments.

Le masséter se palpe facilement : il suffit de serrer les dents pour sentir le muscle gonfler sous les doigts, juste au-dessus de l’angle de la mâchoire. Cette palpation directe est utilisée en clinique pour évaluer son tonus et détecter une hypertrophie.

Le masséter travaille en synergie avec les muscles du cou, qui stabilisent la tête pendant la mastication et les efforts. Cette coordination cervico-mandibulaire explique pourquoi un serrement de mâchoire chronique s’accompagne souvent de tensions cervicales.

Quels sont les chefs du masséter ?

Le masséter comporte 2 chefs principaux : le chef superficiel et le chef profond. Certaines descriptions anatomiques distinguent une 3e couche intermédiaire. Le chef superficiel est le plus volumineux et recouvre le chef profond sur sa face antérieure.

Les 2 chefs présentent des origines et des orientations distinctes :

  • Le chef superficiel : naît d’une aponévrose épaisse sur le processus temporal de l’os zygomatique et les 2/3 antérieurs du bord inférieur de l’arcade zygomatique. Ses fibres descendent vers l’arrière.
  • Le chef profond : naît de toute la face profonde de l’arcade zygomatique, en particulier son tiers postérieur. Il est recouvert en arrière par la glande parotide.

Cette architecture en couches superposées augmente la surface de section physiologique du muscle. Plus cette surface est grande, plus la force de morsure générée est élevée.

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Où s’insère le masséter sur la mandibule ?

Le masséter s’insère sur la face latérale de la branche de la mandibule et sur l’angle mandibulaire. Le chef superficiel se termine sur l’angle de la mandibule, au niveau de la tubérosité massétérique, et sur la portion inférieure de la face latérale de la branche montante.

Le chef profond s’insère plus haut sur la branche mandibulaire, au-dessus du chef superficiel, avec une extension vers le processus coronoïde. Les fibres convergent vers le bas et forment un tendon d’insertion sur la surface externe de la branche.

L’origine fixe se trouve sur l’arcade zygomatique, la terminaison mobile sur la mandibule. Lors de la contraction, le masséter rapproche la mandibule de l’arcade zygomatique, ce qui ferme la bouche avec puissance.

Quelle est l’innervation du masséter ?

Le masséter reçoit son innervation motrice du nerf massétérique, branche de la division mandibulaire (V3) du nerf trijumeau. Le nerf trijumeau correspond à la 5e paire de nerfs crâniens (nerf V).

Le nerf massétérique franchit l’incisure mandibulaire (échancrure sigmoïde) accompagné de l’artère massétérique, puis pénètre la face profonde du muscle pour en assurer la commande motrice. Cette innervation par le V3 est commune aux 4 muscles de la mastication, ce qui explique leur action coordonnée lors du broyage.

La vascularisation provient principalement de l’artère massétérique, branche de l’artère maxillaire issue de la carotide externe. Cette artère s’anastomose avec des branches de l’artère faciale et de l’artère transverse de la face.

Quelle est la fonction du masséter dans la mastication ?

Le masséter assure 3 actions principales : l’élévation de la mandibule, la protraction et la stabilisation de l’articulation temporo-mandibulaire. L’élévation ferme la bouche et applique la force de broyage sur les molaires. Les fibres superficielles participent aussi à la propulsion de la mandibule vers l’avant.

Le masséter agit en synergie avec le temporal et le ptérygoïdien médial pour fermer la mâchoire. Il stabilise la capsule de l’articulation temporo-mandibulaire pendant le mouvement. Cette stabilisation protège l’ATM lors des forces masticatoires répétées.

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La mastication ordinaire d’aliments comme la viande ou la carotte requiert seulement 70 à 150 newtons de force. Cette demande modérée représente une fraction de la force maximale disponible, ce qui laisse une large réserve de puissance pour les aliments durs.

Pourquoi le masséter est-il un des muscles les plus puissants du corps ?

Le masséter génère la plus forte pression de morsure par unité de surface de tous les muscles du corps. Selon la Library of Congress, il est le muscle le plus fort du corps rapporté à son poids. Cette puissance vient de sa courte longueur et de sa grande surface de section physiologique.

Les mesures de force de morsure confirment cette puissance. Au niveau molaire, la force de morsure maximale moyenne atteint environ 355 N chez l’homme et 218 N chez la femme. Les valeurs maximales relevées montent à 554 N chez l’homme et 443 N chez la femme.

Une étude classique portant sur un millier de personnes a mesuré une force de morsure molaire moyenne de 171 livres (environ 770 N), avec un maximum individuel de 270 livres (environ 1 200 N). Les individus à face courte (« short-faced ») développent une force supérieure grâce à un masséter plus épais.

Quel est le rôle du masséter dans le bruxisme et le serrement de mâchoire ?

Le masséter est le muscle central du bruxisme, défini comme le grincement ou le serrement involontaire des dents. Le bruxisme sollicite le masséter de façon prolongée et répétée, souvent la nuit, ce qui provoque douleurs mandibulaires, céphalées matinales et usure dentaire.

Une imagerie IRM associe le bruxisme à une surface de section transversale du masséter significativement plus grande, l’effet étant le plus marqué chez les hommes qui serrent fréquemment. La sur-sollicitation chronique du masséter contribue aux troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM).

Le serrement de mâchoire survient aussi pendant l’effort physique intense. De nombreux pratiquants de musculation contractent le masséter au moment du verrouillage respiratoire (manœuvre de Valsalva) sur les charges lourdes. Ce serrement répété entretient les tensions du masséter et des muscles du cou.

Qu’est-ce que l’hypertrophie massétérine ?

L’hypertrophie massétérine est une augmentation visible du volume du masséter qui élargit le bas du visage. Elle produit un menton carré et une mâchoire saillante. Le bruxisme chronique est la cause la plus fréquente de cette hypertrophie.

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L’épaisseur du masséter se mesure par échographie. Au repos, elle atteint environ 9 mm ; en contraction volontaire maximale, elle dépasse 12 mm chez les patients bruxomanes. L’hypertrophie est plus caractéristique dans les populations d’origine asiatique.

La toxine botulique de type A réduit cette hypertrophie. Une étude sur 25 patients a injecté 50 unités au total, soit 25 unités par masséter. Après 6 mois, l’épaisseur du masséter gauche en contraction maximale a diminué d’environ 1,78 mm, avec une réduction maximale dès le 3e mois.

Comment soulager les tensions du masséter ?

Les tensions du masséter se soulagent par l’auto-massage, les étirements de la mâchoire, le port d’une gouttière nocturne et la réduction du serrement à l’effort. Le relâchement du masséter diminue les céphalées de tension et les douleurs de l’ATM.

Pour le détail des affections et de leur prise en charge, consultez la page pathologies et soins du masséter. Cette ressource couvre les points gâchettes myofasciaux, les douleurs ATM et les protocoles de relâchement.

En musculation, limiter le serrement de mâchoire passe par 3 gestes : relâcher consciemment la mâchoire entre les séries, garder la langue au palais sans serrer les dents, contrôler la respiration plutôt que bloquer en force. Ces ajustements réduisent la charge cumulée sur le masséter et préservent l’articulation temporo-mandibulaire.

Sources