Sternum

Le sternum est l’os plat central de la cage thoracique, situé à l’avant du tronc. Long de 15 à 20 cm chez l’adulte, il sert de point d’ancrage osseux à la fois aux clavicules, aux sept premiers cartilages costaux et à plusieurs muscles majeurs de la poussée, dont le grand pectoral. En musculation, comprendre cet os central éclaire pourquoi le développé couché transmet la force de la poitrine vers le squelette axial.

Qu’est-ce que le sternum et où se situe-t-il ?

Le sternum est un os plat impair et médian qui ferme la cage thoracique à l’avant. Légèrement convexe vers l’extérieur, il s’étend verticalement du bas du cou jusqu’au creux de l’estomac et mesure en moyenne 15 à 20 cm de long. Il relie entre elles les deux clavicules et les côtes.

Os central du squelette axial, le sternum protège des organes vitaux situés juste derrière lui : le cœur, l’aorte et la trachée. Sa face avant, palpable sous la peau, en fait un repère anatomique de premier plan, exploité aussi bien par les cliniciens que par les pratiquants soucieux de leur posture.

Son nom vient du grec sternon, qui signifie « poitrine ». Sur le plan structurel, il appartient à la catégorie des os plats, riches en moelle osseuse rouge : chez l’adulte, le sternum reste un site actif de production de globules. C’est d’ailleurs au niveau du manubrium que sont parfois réalisées les ponctions de moelle. Cette densité spongieuse, encadrée par deux fines couches d’os cortical, explique pourquoi le sternum encaisse bien les contraintes de traction des muscles thoraciques tout en restant relativement léger.

Quelles sont les trois parties du sternum ?

Le sternum se divise en trois segments alignés de haut en bas : le manubrium (partie supérieure large), le corps ou mésosternum (partie centrale allongée) et le processus xiphoïde (pointe inférieure). Ces trois pièces fusionnent progressivement avec l’âge pour former un seul os.

Le manubrium

Le manubrium est le segment supérieur, le plus large et le plus épais. Il mesure environ 5 cm de long (46 à 53 mm selon les études morphométriques). Sa partie haute présente l’incisure jugulaire (ou échancrure suprasternale), ce creux palpable à la base du cou. Le manubrium s’articule avec les deux clavicules et avec les cartilages de la 1re paire de côtes.

[smart_push pos= »0″]

Le corps du sternum

Le corps (mésosternum) est le segment le plus long, avec une longueur moyenne de 9 à 10 cm (89 à 99 mm). Plat et marqué de crêtes latérales, il reçoit sur ses bords les cartilages costaux des 3e à 7e paires de côtes. C’est aussi sur sa face avant que s’insère la majeure partie du grand pectoral.

Le processus xiphoïde

Le processus xiphoïde (ou appendice xiphoïde) forme la pointe inférieure, triangulaire, de 2 à 5 cm de long (environ 46 mm). Il reste cartilagineux jusqu’à 40 ans et ne se calcifie complètement que vers 60 ans. Il sert de repère anatomique pour le positionnement des compressions thoraciques et donne attache au diaphragme et aux muscles abdominaux.

Qu’est-ce que l’angle sternal ou angle de Louis ?

L’angle sternal (angle de Louis) est l’arête saillante formée par la jonction entre le manubrium et le corps du sternum. Cet angle mesure entre 155° et 175° (environ 165° en moyenne) et constitue le repère le plus important de la cage thoracique antérieure.

Sa valeur clinique tient à sa précision : l’angle de Louis marque exactement le niveau où s’articule le cartilage de la 2e côte. Il correspond en profondeur au disque intervertébral situé entre les vertèbres T4 et T5. À ce niveau passent des structures majeures : la bifurcation de la trachée (caryne), la crosse de l’aorte et la veine azygos. La fusion complète de cette articulation manubrio-sternale survient généralement vers 30 ans.

Qu’est-ce que l’incisure jugulaire ?

L’incisure jugulaire, ou échancrure suprasternale, est la dépression en U située au bord supérieur du manubrium, palpable à la base du cou entre les deux clavicules. C’est le point le plus haut du sternum et un repère de surface immédiat.

Cette incisure est encadrée par les deux incisures claviculaires, où viennent s’emboîter les extrémités internes des clavicules. En musculation, l’incisure jugulaire sert de point de référence postural : un sternum « ouvert » et redressé, qui éloigne le menton de cette échancrure, favorise une bonne extension thoracique au développé couché comme au tirage.

Avec quoi le sternum s’articule-t-il ?

Le sternum forme quatre types d’articulations : avec les deux clavicules (articulations sterno-claviculaires), avec les sept premiers cartilages costaux de chaque côté (articulations sterno-costales), et en interne entre ses propres segments (manubrium-corps et corps-xiphoïde). Il est ainsi la pièce de jonction entre la ceinture scapulaire et le thorax.

[smart_push pos= »1″]

La répartition est précise : le manubrium reçoit la clavicule et la 1re côte ; l’angle sternal reçoit la 2e côte ; le corps reçoit les côtes 3 à 7. Les côtes 8, 9 et 10 ne touchent pas directement le sternum : leurs cartilages se rattachent à celui de la côte supérieure. Cette mécanique fait du sternum le pivot rigide autour duquel les côtes pivotent à chaque respiration.

Quels muscles s’insèrent sur le sternum ?

Le sternum donne attache à plusieurs muscles répartis sur ses trois segments : le grand pectoral et le sterno-cléido-mastoïdien sur le manubrium et le corps, les muscles infrahyoïdiens (sterno-hyoïdien, sterno-thyroïdien) sur le manubrium, et le diaphragme ainsi que le droit de l’abdomen sur le processus xiphoïde.

Le plus important pour le pratiquant est le grand pectoral : son chef sterno-costal, le plus volumineux, naît d’une large bande couvrant le manubrium, le corps du sternum et les six premiers cartilages costaux. Ce chef représente plus de 80 % du volume total du muscle. Le sterno-cléido-mastoïdien tire son nom de ses attaches sur le STERNum et la CLÉIde (clavicule) : il fléchit et fait pivoter la tête. Sur la face profonde, le transverse du thorax tapisse le corps et le xiphoïde.

Quel est le rôle du sternum dans la poussée en musculation ?

En musculation, le sternum agit comme l’ancrage osseux central des mouvements de poussée. Au développé couché et aux dips, la force générée par le grand pectoral se transmet de l’humérus jusqu’au sternum : cet os fixe absorbe et redistribue la tension vers le squelette axial, permettant un transfert de force efficace vers la barre.

Concrètement, un sternum stable et redressé optimise la course du pectoral. C’est tout l’enjeu de la « rétraction scapulaire » : en serrant les omoplates et en sortant le sternum, on crée une plateforme rigide qui rapproche les points d’insertion clavicule-sternum-côtes, met le grand pectoral en position de force et réduit la distance parcourue par la barre. À l’inverse, un thorax affaissé désengage le pectoral et reporte la charge sur l’épaule. Le sternum n’est donc pas un simple os passif : c’est le point fixe contre lequel tout le travail de poussée prend appui.

[smart_push pos= »2″]

Ce rôle d’ancrage se vérifie sur plusieurs exercices. Au développé incliné, le faisceau supérieur du grand pectoral tire sur la portion haute du sternum et la clavicule ; au développé décliné et aux dips, c’est la partie basse, costale, qui travaille davantage. Dans tous les cas, la chaîne de force remonte vers le même socle osseux. La respiration joue aussi : bloquer l’air (manœuvre de Valsalva) gonfle la cage et soulève le sternum, ce qui rigidifie le thorax et stabilise l’appui pendant l’effort maximal.

Comprendre cette mécanique a une conséquence directe sur la technique : travailler la mobilité thoracique et le gainage permet de mieux « présenter » le sternum à la barre. Un thorax rigide et bien positionné protège l’épaule, augmente le recrutement du pectoral et constitue la base d’un développé couché à la fois sûr et performant.

En résumé : le sternum, pilier central du thorax

Le sternum est un os plat de 15 à 20 cm composé du manubrium, du corps et du processus xiphoïde. Il articule les deux clavicules et les sept premiers cartilages costaux, porte l’angle de Louis (repère de la 2e côte, niveau T4-T5) et donne attache au grand pectoral, au sterno-cléido-mastoïdien et au diaphragme.

Pour approfondir, consultez la vue d’ensemble de l’anatomie du tronc, les éventuelles douleurs et soins liés à cet os sur la page pathologie et soin du sternum, et l’anatomie détaillée des pectoraux, principaux muscles qui s’y insèrent.